Céline David/ janvier 15, 2019/ Mots de soi/ 0 comments

Lorsque j’ai commencé à réfléchir à ce que je partagerai ici, cette idée d’article m’est rapidement venue en tête, quasiment en même temps que celle sur la légitimité de l’auteur‧e, sûrement parce que les deux sont liés.

Vous ne le savez peut-être pas, mais Céline David n’est pas mon véritable nom mais le nom de plume que j’ai décidé d’adopter pour cette aventure de l’autoédition. Et ce n’est pas une lubie d’écrivain, loin de là !

Dissocier…

L’écriture est une passion dévorante que je parviens depuis de nombreuses années à maintenir dans l’ombre. Très peu de personnes savent que j’écris parmi mes proches et pour le moment, cette situation me convient. Utiliser un nom d’emprunt est donc une manière de conserver cette situation et de ne pas la faire évoluer plus vite que je ne le voudrais.

Mon entourage professionnel n’est pas plus au courant de ce pan de ma vie personnelle et de ce côté-là, je veux qu’il en soit ainsi le plus longtemps possible : deuxième poids dans la balance penchant vers l’adoption d’un pseudonyme.

Mais pourquoi me direz-vous ? Pourquoi vouloir compartimenter à ce point les choses ? Pourquoi ne pas assumer ?

…pour se protéger…

Pour le fait d’assumer, je vous renvoie tout de suite à l’article sur la légitimité, vous devriez y trouver ma réponse.

Pour le fait de compartimenter, il repose sur ma relation à l’écriture et la conception que j’en ai. Au-delà de la passion, l’écriture est un acte solitaire et intime. Je n’irai pas jusqu’à approuver le concept de l’écrivain torturé, pourtant je suis convaincue qu’il n’y a pas d’endroit où l’on est davantage soi-même que devant et sur une page blanche.

Opter pour mon nom de naissance ou encore pour mon nom d’usage, c’est perdre cette intimité que je chéris tant. C’est me livrer telle que je suis dans mon entièreté en n’ayant plus aucun secret, plus aucune protection.

…et s’exprimer

N’allez pas croire que le contenu de mes écrits est tendancieux ou scandaleux et que c’est pour cela que je ne veux pas que mon nom quotidien soit « entaché ».

Je veux tout de même m’exprimer avec liberté. Concrètement, dans l’un de mes textes en cours d’écriture, j’évoque des situations vécues personnellement au travail. Même si je travestis la réalité et l’enveloppe de fiction, il y aura beaucoup trop de véracité pour que ce ne soit pas identifiable par les personnes qui l’auront vécu elles aussi. Si elles peuvent ne pas tomber sur mes écrits en renseignant mon nom de famille dans la barre de recherche de leur navigateur internet, tant mieux.

Je pourrais aussi ne pas écrire ce roman.

Trop tard, je m’y suis beaucoup trop engagé.

Je pourrais aussi ne pas l’autoéditer, une fois qu’il sera achevé.

Là aussi, je sens qu’il est trop tard pour rebrousser chemin.


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