Céline David/ février 5, 2019/ Mots de soi/ 2 comments

Vous l’aurez remarqué, je n’ai pas titré cet article « édition vs autoédition » ni même « édition et autoédition » et c’est volontaire. L’édition, l’autoédition sont deux mondes qui cohabitent dans le même espace et ne sont pas forcément en opposition constante. Malgré les ponts qui peuvent se tendre d’une rive à l’autre, il me semble également que les connexions sont relativement rares.

Si j’ai voulu aborder cette vaste question c’est à la suite d’un mail reçu dernièrement. En provenance d’une maison d’édition, il s’agissait d’un retour négatif par rapport à la soumission de mon manuscrit « A juste titre ». Ce n’est pas la réponse négative qui me pousse à réagir mais le contenu du mail :

[…] Nous espérons néanmoins qu’il saura intéresser un autre éditeur. Des solutions alternatives de publication existent. Vous pouvez choisir de publier votre ouvrage en auto-édition numérique via Librinova et le tester auprès d’un large public. En vous recommandant de nous grâce au code XXX (à déclarer au moment du paiement sur www.librinova.com), nous pourrons ainsi être tenus informés de l’accueil de votre livre par les lecteurs et de vos éventuels futurs projets. […]

Je n’ai rien contre le fait qu’un éditeur traditionnel oriente les auteur‧e‧s vers l’autoédition. C’est un pont qui se construit et qui pourra toujours se traverser dans un sens comme dans l’autre.

Ce que j’ai plus de difficultés à admettre, c’est le fait qu’on indique aux auteur‧e‧s la route de l’autoédition comme on indique celle du mur à une voiture lors d’un crashtest… Mon image est excessive, j’en suis consciente, pourtant c’est un peu ça : on s’intéressera à vous si vous vous en sortez en autoédition ! Allez tenter votre chance !

D’une part, il n’est pas certain qu’on suivra réellement votre travail. D’autre part, l’autoédition n’a rien d’un crashtest. Ce n’est pas une façon de tester toutes les fonctionnalités de son manuscrit, ni s’assurer que la ceinture de sécurité qui nous retient dans le véhicule fait bien son travail, ni même une expérience technologique dont on ne retiendrait que les défaillances pour s’améliorer…

C’est un choix. Par pas défaut ou par dépit, pas parce que certaines maisons d’édition ferment leurs portes (à tort ou à raison). C’est un choix, une volonté, une façon d’assumer ce que l’on est.

En présentant les choses de cette façon, l’éditeur dévalorise l’autoédition alors que derrière celles et ceux qui choisissent cette voie se cachent des femmes et des hommes qui œuvrent pour que leurs textes rejoignent les lecteur‧trice‧s. C’est un choix et un engagement. Ce ne doit en aucun cas être une manière d’être testé‧e pour voir si le succès et la rentabilité sont au rendez-vous.

Beaucoup de préjugés circulent encore sur l’autoédition : travail bâclé, manque de qualité, d’originalité, etc. Il ne faut pourtant pas s’arrêter à ces préjugés. Ce n’est pas parce que les ventes ne sont pas aussi importantes que dans les maisons d’édition traditionnelles qu’elles n’existent. Ce n’est pas parce l’auteur‧e n’est pas soutenu‧e par un‧e éditeur‧trice qu’il‧elle ne se donne pas les moyens de réussir.

Alors oui, l’autoédition peut parfois conduire à l’édition mais je préfère voir un pont entre les deux qu’un mur dans lequel il faut s’encastrer au préalable.

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2 Comments

  1. C’est mon premier passage sur ton blog et je partage beaucoup de tes réflexions. Et, pour être honnête le thème de ton livre c’est aussi le thème de celui sur lequel je travaille en ce moment. Je ne savais pas que les maisons d’édition encourgaient à l’auto-edition. Elodie

  2. Merci d’être passée par ici Élodie !
    J’ai hâte de voir ce que va raconter ton livre s’il est dans les mêmes thématiques qu’À juste titre 😃
    Et oui, l’édition traditionnelle invite à s’autoéditer, j’étais aussi surprise que toi en le découvrant !

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